le site de l'auteur : www.elifshafak.com (en)

Elif Shafak est née en 1971 à Strasbourg. Elle est la romancière la plus lue en Turquie, et a été maintes fois primée dans son pays comme à l’étranger. Ses livres ont fait l’objet de traductions dans plus de 25 langues.

Fille de diplomate, elle a passé son enfance en Espagne. Après avoir habité différentes régions du monde (Madrid, Ankara, Cologne, Aman en Jordanie, Boston, le Michigan et l’Arizona) cette romancière cosmopolite a posé ses babages à Istanbul, la ville de son cœur. Elle réside aujourd’hui avec son mari et ses deux enfants dans cette cité qui tient une place toute particulière dans son œuvre.

Elle a publié neuf livres, dont sept romans. Elle écrit tantôt en turc, tantôt en anglais.

Son dernier roman, Soufi, mon amour (The Fourty Rules of Love), fut un phénomène éditorial et un best-seller en Turquie : il s’en est écoulé 500 000 exemplaires en quelques mois. Il a été vendu dans de nombreux pays et rencontre du succès aux États-Unis où il est sorti en janvier 2010 chez Viking.
L’auteur y relate l’incroyable histoire d’amour entre une femme au foyer d’origine juive établie dans la banlieue de Boston et un soufi vivant à Amsterdam. Dans le texte s’entremêlent cette romance d’aujourd’hui et le récit de la relation exceptionnelle qui s’instaura au XIIIe siècle entre le célèbre poète Rûmi et le derviche tourneur Shams de Tabriz.

Le récit Kem Gözlere Anadolu, publié en 1994, marqua les débuts d’Elif Shafak dans l’écriture. Son premier roman, Pinhan (Le Soufi), reçut en 1998 le prix Rûmi qui couronne en Turquie la meilleure œuvre de littérature mystique. Son deuxième roman, Sehrin Aynalari (Les Miroirs de la ville), situé dans le monde méditerranéen du XVIIe siècle, traite du mysticisme juif et islamique. Elif Shafak élargit considérablement son lectorat avec son roman Mahrem (Le Regard), qui remporta en 2000 le prix de l’Union des écrivains turcs.

Son roman suivant, Bit Palas (Bonbon Palace, Phébus, 2008), eut un immense succès en Turquie. Il a pour cadre un immeuble d’Istanbul autrefois splendide, édifié par un aristocrate russe déchu pour sa femme, Agripina. Désormais délabré et infesté de puces, Bonbon Palace abrite dix familles hautes en couleur qu’Elif Shafak nous présente en reprenant la structure narrative des Mille et une nuits.
Après ce livre, l’auteur publia un essai, Med-Cezir, sur les identités sexuées, la sexualité, les clivages mentaux et la littérature.

Le premier roman qu’elle écrivit directement en anglais, The Saint of Incipient Insanities, fut édité par Farrar, Straus and Giroux à New York. Le suivant, The Bastard of Istanbul (La Bâtarde d’Istanbul, Phébus, 2007), fut le livre le plus vendu en Turquie en 2006. Il connut également un vaste succès aux États-Unis, en France (100 000 exemplaires) et dans les nombreux pays où il fut traduit. C’est l’histoire de deux familles – l’une arménienne, l’autre turque – racontée du point de vue des femmes. Quand ce livre parut, l’auteur fut poursuivie pour « atteinte à la dignité de l’État turc », mais les charges pesant contre elle furent finalement levées.

À la naissance de sa fille, en 2006, Elif Shafak traversa durant dix mois une dépression postnatale. Elle en fit le sujet de son premier texte autobiographique, Siyah Sut (Lait noir, Phébus, 2009), à mi-chemin entre fiction et non-fiction.

En plus d’être une romancière reconnue, Elif Shafak est docteur en sciences politiques et maître de conférences dans ce domaine. Elle a étudié en Turquie, à l’Institut des relations internationales de l’université du Moyen-Orient. Elle y a également obtenu un Master en Gender and Women’s Studies. Centrée sur la pensée politique occidentale et les questions moyen-orientales, la formation d’Elif Shafak l’a amenée à développer une approche interdisciplinaire et féministe des discours sur le Moyen-Orient et l’Occident, l’islam, et la modernité. Son mémoire de Master sur l’islam, les femmes et le mysticisme avait été primé par l’Institut de sciences sociales de Turquie.

L’auteur a enseigné dans plusieurs universités de par le monde, dont Bilgi et Bahcesehir à Istanbul, l’université du Michigan et l’université d’Arizona aux États-Unis. Ses cours, au croisement entre l’histoire turque, les Women’s Studies et la littérature, avaient pour intitulés : « L’histoire ottomane vue des marges de l’Empire », « La Turquie et les identités culturelles », « Les femmes et l’écriture », « Sexes et sexualités dans le monde musulman », « Exil, littérature et imagination » et « Politique et mémoire ».

Elif Shafak continue de collaborer à divers quotidiens et mensuels en Turquie. Ajoutons qu’elle écrit régulièrement dans la presse internationale : The Guardian, Le Monde, Berliner Zeitung, Handelsbladt, The New York Times, Wall Street Journal, The Washington Post, Time magazine…

La romancière compose aussi des paroles de chansons pour des artistes rock célèbres dans son pays.

Traduction : Gaëlle Glin